Sadique, la langue française ? Tout le monde s’en plaint.
Mais masochiste ? Personne ne s’en doutait. 

                  Armand Jean du Plessis de Richelieu


Sous le haut patronage de Jean-Marie Klinkenberg,
président du Conseil de la langue française et de la politique linguistique 
et membre de l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts de Belgique,
et de Caroline Lamarche, membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique,
dans le cadre de La Langue française en fête,
et en partenariat avec la Direction de la Langue française de la Fédération Wallonie-Bruxelles,
sera lancé au Centre culturel Jacques Franck (94 chaussée de Waterloo, 1060 Bruxelles)
le vendredi 24 mars 2017 à 18h
un concept émoustillant, générateur de joies vengeresses intimes
et de défoulements libérateurs collectifs, pour les francophones de tous poils,
ces embastillés malgré eux, forcément craintifs et toujours mal à l’aise :
le « Casual Frenchday »
lequel autorise
un jour par semaine
autant de pieds de nez orthographiques et de bras d’honneur grammaticaux
que de tirages de langue intempestifs, choquants et mal élevés :
le vendredi.

Pétez linguistiquement en public, bravez le sourcillement des puristes et, surtout, humiliez le suppôt de la correction infatuée que vous réveillez en vous à chaque coin de phrase : il vous en sera reconnaissant !
Ridiculisez vos hésitations, étalez votre je-m’en-foutisme, brandissez vos fautes de français indécrottables : ça fera un bien fou à tout le monde !
Lâchez-vous, baissez la garde, savourez l’insouciance : c’est sain, purgatif et salutaire !

Le vendredi, renvoyez dans leurs salons compassés les empêcheurs d’écrire et parler comme bon vous semble.
Le vendredi, opposez des pitreries à la préciosité de la langue française et passez du qui-vive langagier au qui-rie linguistique.
Le vendredi, explosez le carcan de la langue la plus élitaire, psychorigide et discriminante qui soit : elle ne demande pas mieux… mais est infoutue de le faire savoir, tant elle prête à confusion, à jeux de pouvoir, à snobismes toujours dévastateurs, souvent fatals, parfois assassins.

Le vendredi, c’est la fête, la relâche, la débandade, la chienlit, la libération, le carnaval : ouf, youpi, enfin !

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OBJECTION et RÉPONSE :
« L’exception hebdomadaire du Casual Frenchday ne fait que confirmer la règle. » Pas du tout : le vendredi, c’est le plaisir nouveau et contagieux d’enfreindre la règle sans état d’âme. Et c’est un premier pied dans la porte blindée de la rigueur.

ASTUCES :
Au début, afin de ne pas s’aliéner ses meilleurs amis, ses pires clients, ses chouettes voisins et/ou sa future belle-famille, mieux vaut, à l’oral, annoncer la couleur : « Sorry, c’est vendredi, je parle comme je l’entends ! » À l’écrit, précisez quelque part en petits caractères : Rédigé un vendredi, le présent message/texte se moque délibérément des convenances de la langue. Rejoignez le mouvement du Casual Frenchday sur Facebook ! Oups : Rejoinié le mouvment du Cajoual Frenchdé sur Facebouc !

PRÉCÉDENT :
Le Casual Friday est une coutume d’origine américaine qui permet aux salariés de certaines entreprises de travailler le vendredi en tenue décontractée. Histoire d’y détendre l’atmosphère en recouvrant d’un voile pudique les relations de pouvoir.

ENGAGEMENT DES PARTENAIRES :
Le partenaire ordinaire annonce via ses réseaux le lancement du Casual Frenchday et, dans ses publications papier et/ou en ligne, en totalité ou en partie, s’adonne le 24 mars 2017 à un relâchement orthographique, grammatical et syntaxique des plus joyeux. Le partenaire extraordinaire fait la nique à la langue française tous les vendredis sans exception à partir du 24 mars 2017.

Initiateur : Laurent d’Ursel
Info : laurent.dursel@loeuvrette.be
Hotline : +32 (0)471 411 008
Le projet en format PDF
Premier partenaire ordinaire : La Maison du livre
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