Performance de presse

 

le 15 fŽvrier 2008

au CEC, 12 rue Locquenghien, 1000 Bruxelles

 

en prŽlude ˆu premier

OFF du livre de Bruxelles

 

 

            Il faut revenir aux fondamentaux de la FOIRE, qui n'a rien d'un salon, mme pas le nom, comme ˆ Paris : foirer, c'est faire dans son froc. Le OFF ravive l'Žtymologique racine de la foire. Le OFF va vous foirer dessus, vous faire foirer, vous faire lire et chier, vous faire chialer ! Fous salŽ FOIRE : a va FOIRER !

            Les mauvaises langues – et qui n'en a pas dans sa propre bouche? – nous auront prŽvenus : la Foire du livre OFF va foirer parce qu'elle a pris le pire dŽpart possible : elle est l'initiative de quatre petits Žditeurs. Et qu'y a-t-il de plus petit qu'un petit Žditeur, fžt-il quatre? Ne seront-ils pas toujours suspects de ressentiment, de folie invaginŽe des grandeurs, de haine de soi-en-tant-qu'ŽcrasŽ-par-plus-fort-que-soi ? Ne sont-ils pas forcŽment traversŽs d'aigreur et d'envie ? Ne sont-ils pas ivres de tristesse et de frustrations ? Sont-ils autre chose qu'un ramassis d'exclus rances et mal ŽlevŽs par dessus le marchŽ auquel ils nĠentendent rien ?

            Non, bien sžr! sinon, le OFF serait le OUT, la Foire des refusŽs, le rendez-vous des Žditeurs ratŽs, et je ne serais pas ici pour gueuler ˆ leur secours. Ils ont mon soutien parce quĠils sont pris ˆ la gorge !

            Un Žditeur n'est pas OFF parce qu'il est petit mais parce qu'il veut tre grand ˆ sa manire ! On ne na”t pas OFF, on le devient par la force des choses que l'on veut faire, dire et montrer, et qui ne sont pas possibles autrementÉ et ce nĠest pas faute dĠavoir proposŽ !

            Le IN ne nous a pas rejetŽs (puisqu'il suffit de payer pour en tre) mais nous ne nous reconnaissons pas dans le IN, qui nous le rend bien : le IN ne nous ressemble pas.

            Entre le IN et le OFF, cĠest le divorce par emmerdement mutuel.

            Avouons-le : le OFF fait foirer mais au IN on s'emmerde, on se monte du col, s'exhibe la tronche, ch‰tie son apparence et pince son vocabulaire et se dŽgožte un peu d'y tre, d'en tre, d'y reconna”tre son meilleur ennemi, son pseudo-confrre ou son nouveau voisin, on s'excuse presque d'tre lˆ, et surtout de se sentir commercialement obligŽ d'tre lˆ, de ne pouvoir en faire l'Žconomie. C'est un peu comme le Delhaize, le GB ou le Liedl du samedi aprs-midi : a fait surtout du bien quand c'est fini !

            Le IN, c'est la mme chose.

            Le IN, c'est toujours la mme chose.

            Le IN, pour tout dire dĠun mot qui dit tout ce que je veux dire, c'est gonflant comme la pub, Žcrasant comme la pub, saturant comme la pub ! 

            Le IN, c'est comme la PUB, le OFF, c'est comme au PUB ! Deux moments trs diffŽrents sur lĠŽchelle marxiste du plaisir des mots, de la jouissance du temps et de lĠart de les faire durer entre flŽs de la mme eauÉ et cĠest le Goebbels du OFF qui vous le dit !

            Nous aurons remportŽ notre pari une fois faite la preuve que nous posions moins une question de taille ou d'Žchelle que d'atmosphre artistique, de mentalitŽ politique et de pratique marchande.

            On veut faire des gros livres et dire des gros mots !

            On veut faire des livres osŽs, scabreux, incertains, et qui trouveront leurs lecteurs au tournant o ils ne sĠattendent mme pas eux-mmes !

            On veut dĠabord voir dans un livre un cadeau quĠon se fait sans compter... puis un objet ˆ vendre pour se rembourser !

            On veut gagner plein de fric parce qu'on fait des super livres et non faire du fric sous prŽtexte de faire du livre !

            On veut ouvrir, offrir, performer, Žclater, rŽinventer les livres, pas uniquement les vendre ! La gratuitŽ poŽtique de l'impulsion initiale se retrouve dĠailleurs ds l'entrŽe du OFF : c'est gratuit... mme pour ceux qui veulent se payer notre tte dĠŽditeurs Žmergents, bricoleurs et ingŽnieux! Surtout !

            Ce n'est donc pas David OFF contre Goliath IN, c'est Super tOFF qui rame dans la joie contre naphtalIN qui Žtouffe sans sĠen rendre compte !

            Mais foin des sOFFismes !

            Soyons philosOFFs et OFFusquons textuellement le bourgeois !

            PrOFFŽrons mille insanitŽs Žditoriales et apostrOFFons l'entrejambe des meilleurs auteurs !

            FOFFilons-nous entre les mots du systme et prOFFanons les livres sous cellOFFane !

            OFFrons ˆ lire, ˆ dŽrouter, ˆ sublimer, ˆ prOFFusions !

            Nous, on ne se laisse pas chlorOFFormer par les sirnes du tirage, les gyrOFFares du succs et le confort des sOFFas capitonnŽs. 

            Car nous sommes petits, pas atrOFFiŽs! Que du contraire : on est les grosses brutes du dŽcOFFrage du sarcOFFage de la culture lyOFFilisŽe !

            Et mŽfiez-vous des mŽdisants : ˆ la Foire OFF, on ne mange pas que des chocotOFFs piquŽs de clous de girOFFle, on ne boit pas que du Coca ˆ la SmirnOFF et autres cocktails trs MolotOFF! Nous ne sommes pas les pŽdOFFiles scrOFFuleux de la bibliothque rose, ni les anthropOFFages du verbe au fronton des belles lettres, ni les fOFFoles OFFensŽes par les mŽdias poussifs et si nŽgligents, parfois...

            Nous avons au contraire l'ŽtOFFe de hŽros majuscules : la langue nous glisse dans l'oesOFFage, nous sniffons la girOFFlŽe des mots, notre coeur bat au rythme des strOFFes, nous frŽmissons dans la prOFFondeur des textes, nous dŽgainons ˆ la moindre escarmouche mentale des KalachnikOFF de livres ! C'est comme a! C'est a, le OFF ! C'est PavlOFF dŽguisŽ en bibliOFFile - tendance francOFFoneÉ avec une chiŽe dĠautres langues autour! Les langues invitŽes ˆ foirer au OFF en 2008 sont les langues indo-europŽeennes : au OFF, on ne souffre pas de claustrOFFobie linguistique !

            Attention : on n'accueille pas n'importe qui, pas de xŽnOFFilie l‰chement dŽmocratique. Le OFF, c'est le BEST OFF du IN ! Tel est notre apOFFtegme !

            Et nous parlons net (nous sommes suivis par des orthOFFoniste pointus) !

            Et nous voyons clair (nous avons avec nous un OFFtalmo de compŽtition) !

            Et nous pensons fort (nous avons l'hypOFFyse sous contr™le permanent) !

            Et nous rions ferme (notre humour nĠaccuse aucune spasmOFFilie hormonale) !

            Bref, nous ne sommes pas des nŽOFFytes en art mais d'authentiques prOFFessionnels sOFFistiquŽs dans le sOFFtware de l'Ždition indŽpendante... c'est-ˆ-dire subsidiŽe en haut lieu ministŽriel.

            Oui ! nous sommes de joyeux schizOFFrnes !

            Oui ! nous sommes les fieffŽs tirOFFlanc du capitalisme !

            Oui ! nous prOFFitons du IN pour hypertrOFFier notre catastrOFFique diffŽrence : les 2 Foires, on l'aura notŽ, sont astucieusement limitrOFFes !

            Oui ! notre existence marginale mais OFFicielle est dĠemblŽe notre plus beau trOFFŽe !

            Oui ! on baigne sans vergogne dans l'autosatisfaction prŽventive... puisque l'art hydrOFFuge notre ‰me !

            On l'a compris, le OFF qui se prOFFile ˆ l'horizon du IN est une tempte prOFFŽtique dans un verre d'eau tellement pŽtillante quĠon se fera cOFFrer par la police de l'Ždition correcte.

            Suis-je clair? Je parle wolOFF ou quoi? ‚a va pŽtiller ! ‚a va dŽjanter ! ‚a va chOFFer!

            Le OFF, a va surtout passer ou casser : total tOFF ou mŽga bOFF !

            Maintenant Goebbels vous dit : tous au OFF et OFFwiedersehen !

            Excusez ma faible voix, jĠavais demandŽ un micrOFFone : j'ai une rhinOFFaryngite chroniqueÉ depuis quĠon mĠappelle le Ç dŽtachŽ de presse du OFF È !